Culture et Traditions d' Illigh
Découvrez ici quelques-unes des nombreuses traditions qui rendent Illigh si particulier.
Het Isemgan Festival
L’un des événements emblématiques d’Illigh est le festival Isemgan. Il est célébré chaque année en novembre, au cœur de la kasbah, sur la place où les caravanes autrefois déchargeaient leurs marchandises. Parmi ces marchandises se trouvaient également de personnes réduites en esclavage, originaires du Mali, du Sénégal et de Mauritanie.
C’est pourquoi le festival est placé sous le signe de Bilal, considéré comme le premier homme noir à s’être converti à l’islam.
Lors du point culminant de la deuxième journée, une danse rituelle est exécutée par de jeunes hommes d’Iligh et des environs, mais aussi venus d’autres régions du sud marocain. Les spectateurs sont principalement des femmes et des enfants du village. Le festival est également une occasion de se retrouver et de partager ensuite un repas ensemble. Cette tradition est transmise aux jeunes générations depuis le XVIIe siècle.
Les archive familiales d'Illigh
Dans la kasbah d’Iligh se trouvent des archives familiales exceptionnelles, qui retracent l’histoire de la vie quotidienne dans la région. Elles contiennent également une importante correspondance commerciale internationale ainsi que des échanges épistolaires avec la famille royale de Maroc. Avec plus de 5 000 documents et manuscrits, il s’agit de l’un des fonds d’archives les plus importants du sud du Maroc. Bien que la collection se soit dispersée au fil du temps, la majeure partie se trouve encore aujourd’hui dans la forteresse d’Iligh.
C’est le seul fonds d’archives du sud du Maroc qui soit accessible au grand public. Cela est d’autant plus remarquable qu’elles ont été considérées comme des « archives secrètes » jusqu’en 1984 au moins. Elles ont longtemps servi de registre de la population.
Le contenu des documents est très varié. Ils portent notamment sur des transactions commerciales, des contrats de mariage, des droits d’eau, des dettes, des vols, des meurtres, etc.
Les manuscrits sont conservés de différentes manières : reliés en cuir et empilés dans des coffres en bois, enroulés dans des étuis creux en bambou ou encore sous forme de feuilles volantes.
Tradition orale et anecdotes d’Iligh
La kasbah de Sidi Lmdani à Illigh
La kasbah de Sidi Lmdani à Illigh est également appelée localement la « kasbah des Djinns ». L’origine de cette appellation reste inconnue.
Selon la légende, cette kasbah aurait été construite en une seule nuit, au XIXe siècle, par l’un des fils du souverain d’Iligh. Celui-ci aurait eu un conflit avec son père, qui aurait ordonné à ses gardes de ne plus le laisser entrer dans la kasbah familiale. Le fils aurait alors fait construire sa propre kasbah juste à l’extérieur de l’enceinte fortifiée d’Iligh.
Outre les manuscrits qui témoignent de l’histoire du « Maison d’Iligh » et de ses activités commerciales, le village et sa région possèdent une riche tradition orale, faite de récits et de légendes.
Les récits consacrés à Sidi Hmed Ou Moussa, dans la langue de la région, le Tachelhiyt, sont particulièrement célèbres. Ils ont été réédités et traduits en anglais par le professeur néerlandais Harry Stroomer.
Les récits sur Sidi Hmed Ou Moussa, ainsi que de nombreuses autres informations sur Iligh, sont intégralement réunis dans la publication consacrée à Iligh, disponible au Maroc et aux Pays-Bas :
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À Agadir : Librairie Al Mouggar (également disponible sur commande en ligne).
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À Tanger : librairie Les Insolites, fondée par Stéphanie Gaou.
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Aux Pays-Bas : Cultural Heritage Publications, Amsterdam.
Parure nuptiale
Pour la parure de la mariée, les familles d’Iligh mettent de l’argent de côté plusieurs années avant le mariage de leur fille
La maison familiale, la grande maison
La maison familiale est aussi appellée 'la grande maison'. Elle fait partie intégrante de la kasbah d’Illigh, mais est strictement séparée de la place semi-publique où les caravanes déposaient leurs marchandises. Les deux sont collées et se trouvent au cœur de l’ancien village.
La grande maison a été restaurée par la célèbre architecte Salima Naji et est aujourd’hui gérée par Moulay Hamdi Aboudmiaa et sa femme Lalla Melaïd.
Les chambres dans la grande maison
Dans la grande maison vivaient le chef de la famille avec ses enfants et les femmes : le harem. Cette maison fut construite en 1850 à la suite d’une lutte pour la succession au sein de la famille et d’une longue guerre civile dans la région. Jusqu’en 1983, les femmes de la famille y furent enfermées, qu’elles soient mariées ou célibataires, divorcées ou devenues veuves et revenues au sein de la famille.
Elles disposaient d’un personnel composé de femmes noires réduites en esclavage, qui, elles, pouvaient sortir des murs. Elles constituaient sans doute une source précieuse d’informations et rapportaient des nouvelles et des récits du monde extérieur.
La grande maison est aujourd’hui habitée et gérée par Moulay Hamdi Aboudmiaa et son épouse, Lalla Melaïd.